Deux listes s'affrontent chez les infirmières, avec deux conceptions radicalement différentes de l'exercice de la profession. Deux alliances composées chacune de deux syndicats.

D'abord la liste ONSIL-FNI, les deux plus gros syndicats en nombre d'adhérents, mais aussi ceux qui s'opposent clairement à toute réforme allant contre les intérêts de la profession. Si pendant les années Ourthe-Bresle (ancienne présidente de la FNI), ils se sont affrontés sur tous les sujets, ils ont élu chacun de nouveaux présidents en 2006-2007, et les points d'accord se sont multipliés depuis:

  • - abandon de la DSI (qui devait entrainer des délégations de tâches aux auxiliaires de vie),
  • - défense des professionnels face à l'installation des SSIAD et des HAD,
  • - opposition à l'installation des aides-soignantes en libéral,
  • - création de l'Ordre Infirmier pour organiser au mieux la défense de la profession toute entière,
  • - méfiance vis-à-vis des maisons pluridisciplinaires qui risquent à terme de faire de nous des salariées,
  • - défense de notre décret de compétence (qui est le seul texte définissant le rôle de l'infirmière)…

Ensuite la liste SNIIL-Convergence. Depuis longtemps tous deux cherchent à innover pour la profession, mais sans consulter "la base", celle qui travaille, et de ce fait ils approuvent un peu trop souvent les réformes que le ministère voudrait nous voir adopter. Ce sont de véritables catastrophes ambulantes.

  • - Artisans de la DSI qui a bien failli nous coûter notre rôle propre, réduisant les infirmières libérales à des techniciennes comme dans les hôpitaux.
  • - Œuvrant à la multiplication des SSIAD, au point qu'on se demande s'ils défendent les intérêts des infirmières ou ceux des auxiliaires de vie et des aides-soignants…
  • - Oeuvrant pour les Maisons de Santé Pluri-disciplinaires qui nous transformeraient en salariées des médecins généralistes.
  • - Approuvant le paiement à la capitation, c'est-à-dire au forfait par pathologie et par malade (par exemple, pour un malade Alzheimer, nous recevrons une somme fixe par mois pour sa prise encharge, quelle que soit l'état d'avancement de sa maladie ou de la pénibilité qui en découle).

Ils ont toujours l'un et l'autre caressé les ministres dans le sens du poil, et Annick Touba, la Présidente du SNIIL s'est même vue remerciée de sa coopération au Ministère par une Légion d'Honneur en janvier dernier.

La liste ONSIL-FNI défend l'exercice libéral de la profession, sans complaisance.

Les enjeux de ce vote sont énormes: le Conseil d'Administration de la CARPIMKO a beaucoup travaillé, et il faut qu'il puisse continuer sereinement.

  • - Sa présidente Françoise Devaud, qui est kiné, a su faire entendre la voix des auxiliaires médicaux au sein de la Caisse Nationale Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL) pour faire admettre qu'il était anormal que nous compensions pour les caisses de libarux qui sont déficitaires ou mauvaises gestionnaires. Elle est maintenant Vice-Présidente à la CNAVPL.
  • - L'enquête pénibilité a été menée à bien sur nos professions et c'est la première fois. Nous devons nous en servir dans les négociations à venir pour demander les années de bonification auxquelles nous avons droit à ce titre.
  • - Nous avons obtenu tout récemment les deux ans de bonification par enfant sur nos cotisation retraite, alors que nos professions sont essentiellement féminines et que nous n'y avions pas droit.
  • - Nous avons obtenu la cotisation forfaitaire pour les nouveaux installés.
  • - les réformes récentes sur les pensions de reversion, la possibilité du cumul emloi-retraite, le nouveau statut du conjoint collaborateur ont été adaptées et entérinées pour nos professions libérales.

Mais il reste encore beaucoup à faire, en cette période de réforme des retraites:

  • - La CARPIMKO est une caisse bien gérée, et il n'est pas question qu'elle soit absorbée par une autre, à l'heure des regroupements de caisses pour cause de déficits chroniques, il faut préserver son autonomie et faire en sorte qu'elle continue d'être bénéficiaire.
  • - Il nous faut maintenir le niveau des pensions, il est menacé, nous le voyons depuis peu avec la réforme de l'Avantage Social Vieillesse (ASV).
  • - Le rachat de trimestres non cotisés (maternité, études...) coûte très cher, il faut étudier la possibilité d'en baisser le coût.
  • - Nous devons obtenir les 10% de bonifocation pour 3 enfants élevés comme les salariés, ça serait normal dans des professions aussi fémininisées que les nôtres.
  • - Les infirmières sont souvent pluri-pensionnées (retraite du public, + retraite du privé + retraite de libérale) au moment de liquider leur retraite, et ce fait ne les arrange pas en termes de niveau de pension. Nous demandons un homogénisation des systèmes pour davantage de justice.
  • - Et surtout, il faut que l'on nous reconnaisse la pénibilité de notre métier, et que l'on nous permette de partir à la retraite plus tôt, avec 40 ans de cotisations, et non pas 42 ou 43 ans. Nous faisons circuler l'enquête pénibilité auprès de tous nos députés pour les inciter à voter en ce sens. Celle-ci est téléchargeable sur le site de la CARPIMKO, vous pouvez la consulter et même la faire lire autour de vous.

37% seulement d'infirmières avaient voté aux élections précédentes en 2007, et presque 1/3 des bulletins avaient été annulés parce qu'ils n'avaient pas été bien remplis. J'espère que vous serez plus nombreux cette fois-ci et que vous suivrez scrupuleusement les modalités d'envoi du courrier.